Sa biographie

La biographie de Johan Barthold Jongkind

Les débuts de Jongkind

Johan Barthold Jongkind est né le 3 juin 1819 à Lattrop, dans l’est des Pays-Bas.
Il deviendra l’élève d’un célèbre paysagiste hollandais de plein air, Andreas Schelfhout (1787-1870).
En 1845, Jongkind fait une rencontre décisive. Venu à La Haye pour assister à l’inauguration d’une statue du prince Guillaume d’Orange-Nassau dit le Taciturne (1533-1584), le peintre Eugène Isabey (1803-1886) l’invite à rejoindre son atelier à Paris.
Avec Jongkind, la peinture de paysage française du XIXe siècle forge des liens avec le paysage hollandais du XVIIe siècle. Dans la lumière de ses tableaux, par l’ambiance qui s’en dégage, on retrouve aussi l’influence de Corot qu’il admire.
Jongkind accède à une certaine reconnaissance au cours de ses dix premières années à Paris. Il est exposé au Salon dès 1848, reçoit une médaille de troisième classe en 1852 et l’État achète le Port de Harfleur en 1851 et le Pont de l’estacade en 1853. Il est connu des amateurs pour ses clairs de lune et ses vues de Paris. Fréquemment en proie à des délires paranoïaques, fragilité accentuée par l’excès d’alcool il retourne en Hollande en 1855.

Jongkind affirme son style

De retour en France, en 1860, Jongkind retrouve un certain équilibre psychologique, grâce à la présence à ses côtés de Mme Fesser, une Hollandaise mariée à un Français qui le prend en charge. C’est également au cours de ces années que Jongkind affirme de plus en plus clairement son propre style et s’affranchit de l’influence de ses anciens maîtres. À partir de 1862, Jongkind retourne en Normandie une région qu’il avait découverte aux côtés d’Isabey quinze ans auparavant. Il se lie d’amitié avec Boudin (1824-1898), fait la connaissance de Monet (1840-1926) et Bazille (1841-1870). Tous se retrouvent régulièrement à la ferme Saint-Siméon, lieu de rencontre des peintres de l’époque.
Jongkind sert de guide pour ces artistes plus jeunes que lui.

 « Jongkind se fit montrer mes esquisses, m’invita à venir travailler avec lui, m’expliqua le comment et le pourquoi de sa manière et, complétant par-là l’enseignement que j’avais reçu de Boudin, il fut à partir de ce moment mon vrai maître. C’est à lui que je dois l’éducation définitive de mon oeil… »

Monet

 « Jongkind commençait à faire avaler une peinture dont l’écorce un peu dure cachait un fruit excellent et des plus savoureux » … « C’est fait avec rien, et pourtant la fluidité du ciel et des nuages y sont traduites avec une précision inimaginables »

Boudin

Jongkind considéré comme un précurseur de l’impressionnisme

À la suite des paysagistes anglais comme Constable, Turner et Bonington, de Corot et des peintres de Barbizon, il donne avec Boudin la primauté à l’observation directe de la nature.
Pour la fraîcheur de sa vision, sa touche fragmentée, Jongkind est considéré avec raison comme un précurseur de l’impressionnisme. En 1863, alors que Jongkind expose trois tableaux au Salon des Refusés dont Ruines du château de Rosemont (musée d’Orsay, donation Moreau-Nélaton), le critique Castagnary écrit ces mots prémonitoires : “Chez lui tout gît dans l’impression”. Mais Jongkind ne peut être vu comme un chef de file. Il ne se préoccupe pas de l’aspect intellectuel de la peinture et ne songe qu’à reproduire intuitivement ses sensations visuelles. Il est d’ailleurs absent de la première exposition impressionniste en 1874.
Jongkind passe les vingt dernières années de sa vie dans le Nivernais, puis dans le Dauphiné. Il voyage en Suisse, en Belgique, dans le sud de la France, où il réalise de nombreuses études. Son équilibre mental demeure cependant précaire et il reste miné par l’alcoolisme. Progressivement il se réfugie dans le cercle intime de la famille Fesser, ses séjours parisiens s’espacent.

 

Mort de Jongkind en 1891

Jongkind s’éteint le 9 février 1891 à l’hôpital de St-Egrève, il est inhumé à La Côte-Saint-André, en Isère, où il s’était retiré à partir de 1878 avec Mme Fesser. Une vente de ses tableaux organisée en décembre 1891 obtient un grand succès, consacrant un artiste déjà reconnu par ses pairs. Manet le qualifiait de “père du paysage moderne”, tandis que dans l’ouvrage qu’il lui consacre en 1927, Signac place Jongkind “ce rénovateur du paysage moderne entre Corot et Monet”.
D’après la bibliographie établie par le musée d’Orsay.