La Côte Saint-André

Lutrin 13

Étape 13  à proximité du cimetière

Où ?

Rue du commandant Julhiet, à La Côte-Saint-André, près de l’entrée du cimetière.

L’illustration :

Enterrement dans un village – huile sur toile (1883) © Musée Malraux, Le Havre

Le lieu :

C’est au cimetière de La Côte-Saint-André que reposent, côte à côte, Jongkind décédé le 9 février 1891 et Joséphine Fesser qui mourut le 23 novembre de la même année. Au fil des ans, l’état physique de l’artiste s’était dégradé et ses délires de persécution étaient devenus de plus en plus difficiles à supporter pour Joséphine Fesser et sa famille. Le 27 janvier 1891, avec l’avis du médecin de La Côte, Jules Fesser fait donc interner Jongkind à l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève, dans la banlieue grenobloise, et s’engage à en supporter tous les frais. Six jours plus tard, Jongkind envoie à Pauline, la femme de Jules, une lettre désespérée demandant qu’on vienne vite le chercher et souhaitant avoir des nouvelles de Joséphine. Il s’éteint une semaine plus tard.
Dans ce même cimetière sont également enterrés les parents d’Hector Berlioz. Le compositeur repose, quant à lui, au cimetière Montmartre à Paris.

Le lieu et Jongkind :

Hanté par l’idée de la mort depuis l’apparition de ses névroses lors de son adolescence, Jongkind n’a pas hésité à faire d’un convoi funéraire un sujet de tableau. Dans son atelier de la villa Beauséjour (voir lutrin n°12) il surplombait le chemin qu’empruntait perpétuellement le corbillard entre le village de La Côte et le cimetière. En 1883, il peignit donc l’un de ces convois en indiquant pudiquement qu’il s’agissait d’un enterrement « dans un village ». Mais il était aisé de reconnaître, en fond, le clocher de l’église Saint André.
A la fenêtre de ce même atelier, le 11 février, Joséphine Fesser regarda passer un convoi : celui qui emmenait Jongkind à sa dernière demeure.